Voitures de collection : en 2020 c’est le moment d’acheter !

Publié le jeu 09/01/2020 - 13:26 . Mis à jour le jeu 09/01/2020 - 14:58. par Jean-Luc Moreau

Avec une baisse allant de 10 à 30 %, les prix des voitures de collection ont subi un tassement important en 2019. Même si aucun effondrement du marché n’est à prévoir, cette tendance devrait perdurer en 2020. Pour les amateurs de Classics ou de Youngtimers, c’est donc la période idéale pour acheter. Mais comment analyser cette tendance et quelles sont les perspectives ?

En 2019, le marché de la voiture de collection, qui inclut les Youngtimers, a connu une baisse sensible mais prévisible. En effet, en une décennie, les prix ont connu des variations parfois déraisonnables. Séduits par des promesses de rentabilité rapide, des investisseurs et des spéculateurs, qui n’avaient rien de collectionneurs, on fait s’envoler les cotes de nombreux modèles. La « correction » est donc logique, tout excès dans un sens générant un mouvement en sens opposé à la manière d’un pendule. Toutefois, tous les modèles de collection ne sont pas logés à la même enseigne.

Vente RM/Sotheby's Paris 2019
2019 n'a pas été une année florissante pour les maisons de ventes aux enchères en ce qui concerne l'automobile
Crédit photo :
REMI DARGEGEN @RM/Sotheby's
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Une affaire de prix

Alfa-Roméo 8C 2900 Touring Berlinetta
Les modèles exceptionnels comme cette Alfa-Roméo 8C 2900 Touring Berlinetta, qui a frôlé les 18 millions d’euros aux enchères chez Artcurial en février 2019, ne sont pas touchés par le repli du marché
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Artcurial
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Comme le précise Mathieu Lamour, Directeur Général d'Artcurial Motorcars : « les valeurs des véhicules exceptionnels vont rester stables ou continuer à progresser légèrement ». Si vous possédez une Ferrari 250 GTO dans votre garage, donc pas d’inquiétude ! Mais il faut bien reconnaître que, si elles font la une de la presse, les ventes de ces voitures à plusieurs millions d’euros ne concernent qu’une poignée de collectionneurs fortunés.

Juste en dessous, les voitures dont la valeur est supérieure à 100 000 € connaissent un vrai ralentissement. À en croire les professionnels du secteur, elles sont aujourd’hui plus difficiles à vendre qu’il y a 4 ou 5 ans. A contrario, la tranche du marché sous les 20 000 € est en plein essor. C’est là que se trouve la majorité des Youngtimers.

Les Lamborghini et Maserati des années 60 n’ont plus la cote

Une affaire de génération

Lamborghini 350 GT
La cote des Lamborghini 350 GT s’est littéralement effondrée en 2019. Elles ont perdu 50 % de leur valeur par rapport à 2017
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Lamborghini
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Le profil type du collectionneur est un peu toujours le même : il a tendance à acheter les voitures dont il rêvait étant plus jeune. Cela explique le glissement du pic d’intérêt actuel vers des modèles plus récents. « Les voitures de la fin du 19e, début XXe siècle attirent toujours beaucoup d’amateurs, explique Mathieu Lamour. Mais ensuite on note une baisse d’intérêt pour les modèles antérieurs à la 2e guerre mondiale. Cela concerne les modèles populaires comme une Citroën trèfle mais aussi des véhicules plus hauts de gamme à l’image d’une Delahaye 135 MS dont la cote a baissé depuis une quinzaine d’années ».

Les véhicules des années 60 se démodent également progressivement, les Maserati et Lamborghini de cette période accusent par exemple une chute importante. Les jeunes générations s’orientent plus vers les années 1980 – 1990. Par affinités, mais surtout parce que les prix sont plus accessibles. La cote des Youngtimers est donc en progression constante.

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Une affaire de réglementation

Alfa-Roméo Brera
L’Alfa-Romeo Brera va bientôt entrer dans la catégorie des Youngtimers. Peut-on considérer la version diesel comme un collector ?
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Alfa-Roméo
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Un autre paramètre non négligeable influe sur la valeur des véhicules de collection : la réglementation. Dans de nombreux pays, la chasse aux véhicules polluants pourrait avoir un effet négatif sur le marché de l’automobile ancienne, même sur leur intérêt patrimonial est unanimement reconnu. Cela concerne assez peu les modèles les plus anciens qui ne roulent qu’épisodiquement. En revanche, la question se pose avec force pour les Youngtimers et principalement pour les diesels, pour l’instant très peu représentés, mais qui vont progressivement être de plus en plus nombreux. En France, la FFVE (fédération française des véhicules d’époque) y réfléchit. Elle devrait par exemple proposer que les véhicules diesels ne bénéficient pas de la liberté de circulation sans pastille Crit’Air, accordée aux véhicules bénéficiant d’une carte grise de collection. Ensuite se posera la question de la disponibilité du carburant, mais cela fait 40 ans qu’on nous dit qu’il reste 40 ans de réserves de pétrole…

Enfin, dans certains pays, la liberté d’importation accordée aux véhicules ayant dépassé un certain âge (25 ans aux États-Unis) dope logiquement leur cote lorsqu’ils atteignent la barre fatidique.

Une affaire de liberté

Parade 120 ans Mondial de l'automobile
L’automobile ancienne est un espace de liberté relativement peu contraint pour le moment. Cela va-t-il durer ?
Crédit photo :
Bernard Rouffignac - Citroën
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Si les paragraphes précédents ont terni votre enthousiasme de collectionneur, il reste un argument imparable en faveur de la voiture ancienne. Dans un monde automobile sans cesse plus réglementé répressif, c’est aujourd’hui un des derniers espaces de liberté. C’est un moyen de prendre du plaisir au volant sans enfreindre les limitations de vitesse. C’est également la possibilité, laissée au propriétaire, d’entretenir et de réparer lui-même sa voiture, ce qui est devenu impossible avec les modèles du XXIe siècle. Enfin, n’oublions pas le côté affectif : une ancienne fait souvent partie de la famille… et parfois depuis longtemps.

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