La notation des véhicules de collection

Publié le mer 04/09/2019 - 07:34 . Mis à jour le mar 24/09/2019 - 15:58. par Jean-Luc Moreau

La valeur d’un véhicule de collection, qu’il s’agisse d’une ancienne ou d’une youngtimer dépend principalement de son état. Pour l’apprécier, il existe un système de notation internationale que l’Argus Classic® a adopté. Explications.

 Speedster Porsche 356 A
Ce Speedster Porsche 356 A ressemble à une épave. Pourtant il est classé état 3 car il est complet, fonctionnel et la rouille n’est que superficielle. Vendu 307 500 $ par RM/Sotheby’s en 2018
Crédit photo :
Darin Schnabel @2019 courtesy of RM Sotheby's
Voir les photos

Difficile de donner une cote fiable à une voiture de collection sans évaluation précise de son état. En fonction de celui-ci, sa valeur peut parfois varier de 1 à 100 ! Il est donc indispensable de pouvoir le positionner au plus juste sur l’échelle de notation reconnue internationalement par les assureurs, les maisons d’enchères, les grands vendeurs de véhicules de collection…

Cette échelle va de 6 à 1 :

  • 6 correspond à une épave
  • 1 à un véhicule « état concours »

L’Argus Classic® a choisi de reprendre ce système compréhensible de tous. Toutefois, notre notation laisse volontairement de côté les épaves (état 6) et permet de juger beaucoup plus finement un véhicule puisque 3 états intermédiaires existent entre chaque niveau dans l’outil « Expertise Argus Classic® ». Ce système unique au monde valorise par ailleurs l’état dans 14 catégories (carrosserie, moteur, transmission…). Il permet plus de 300 milliards de milliards de combinaisons possibles ! Avec l’Expertise Argus Classic®, la valorisation d’une auto se fait donc au plus juste.

Renault Juva 4
Il est très difficile de valoriser une épave. L’Argus Classic a donc choisi de ne pas coter les véhicules en état 6
Crédit photo :
Jean-Luc Moreau
Voir les photos

État 1 – état parfait

Il implique un véhicule en parfait état d’origine avec un historique complet et tous les organes « matching number ». Ces véhicules sont de plus en plus souvent plus « neufs » que lorsqu’ils sont sortis de l’usine (dans les années 60, Ferrari n’a par exemple jamais fait de peinture « poli lustré »). Pour être qualifié « état concours », un véhicule doit être état 1 dans les 14 catégories de l’Expertise Argus Classic®, ce qui est extrêmement rare.

Mercedes 300 S intérieur
Certaines restaurations vont au-delà de l’état d’origine. Pour prétendre au fameux « état concours », une voiture doit être classée « état 1 » dans toutes les catégories (moteur, carrosserie…) de la cote Argus Classic®
Crédit photo :
Jean-Luc Moreau
Voir les photos

État 2 – très bon état

Il s’agit de véhicules en parfait état de fonctionnement, présentant un bel état d’aspect. Soit des véhicules d’origine ayant fait l’objet d’un entretien rigoureux, soit des modèles dont la restauration est déjà ancienne mais, dans les deux cas, avec peu de modifications ou des modifications allant dans le sens d’une plus grande fiabilité (radiateur, ventilateur électrique, allumage électronique, étriers de freins, etc.). Ils peuvent avoir des défauts mais en aucun cas structurels ou de nature à risquer une panne à court terme. Les traces d’usage sont faibles.

Mercedes-Benz 280 SL
Au-delà de 20 000 euros, les véhicules se présentent en général dans un « état 2 » ou supérieur. C’est le cas de cette Mercedes 280 SL qui peut prétendre à une note de 1,5
Crédit photo :
Jean-Luc Moreau
Voir les photos

État 3 – état d’usage

État standard de toutes les cotes d’occasion. Il correspond à un véhicule en bon état de fonctionnement mais qui présente des traces d’usure. L’aspect est satisfaisant si l’on ne rentre pas dans les détails. L’historique est en général partiel.

Peugeot 204 cabriolet
Dans le système de l’Argus Classic, l’état 3 sert de base à l’élaboration de toutes les autres cotes
Crédit photo :
Jean-Luc Moreau
Voir les photos

État 4 – usure prononcée

Il s’agit toujours d’un véhicule roulant mais avec des défauts fonctionnels qui doivent être réparés. L’aspect visuel est moyen et nécessite, lui aussi des travaux.

Porsche 914
Crédit photo :
Jean-Luc Moreau
Voir les photos

État 5 – à restaurer

Il ne s’agit plus d’un véhicule fonctionnel et certaines pièces peuvent être manquantes. De gros défauts structurels peuvent exister (corrosion) ainsi que les traces de réparation grossière. Un véhicule classé 5 dans toutes les catégories est proche d’une épave mais peut encore être sauvé, ce qui n’est pas le cas d’un modèle qui serait classé « 6 ».

Jaguar Mark V 1957
Tout doit être restauré sur cette Jaguar en « état 5 » : la mécanique, la carrosserie, l’intérieur. Un chantier plusieurs dizaines de milliers d’euros
Crédit photo :
Jean-Luc Moreau
Voir les photos
État du parc
  • En pratique, une majorité du parc des véhicules de plus de 30 ans évolue entre l’état 3 et l’état 2, un état nommé et reconnu état 2,5.

  • Pour les youngtimer, leurs prix souvent inférieurs se traduisent par un état général un peu moins bon, égal ou légèrement inférieur à 3. L’Expertise Argus Classic® les qualifie état 3 ou état 3,5 +.

Les exceptions

Certaines catégories de véhicules ne peuvent pas être évaluées avec le système de notation internationale. Voici les principales :

Les « Time Capsule » (capsule temporelle)

On les qualifie aussi de « Original ». C’est un véhicule dans son strict état d’origine. On peut même ajouter : tel qu’il était à sa sortie d’usine. Aucune pièce ne doit avoir été changée, ce qui suppose un kilométrage très faible. C’est comme si l’auto avait été gardée sous cloche. De fait, ces exemplaires extrêmement rares sortent des schémas classiques de cotation et leurs prix peuvent être très supérieurs à un modèle état concours.

Mercedes-Benz 300 SL «Gullwing »
Cette Mercedes-Benz 300 SL «Gullwing » est un superbe exemple de capsule temporelle. En 1964, la voiture a été décapée pour être repeinte. Elle a été stockée dans un garage depuis cette date avant d’être retrouvée en 2018. Tout est parfaitement d’origine
Crédit photo :
Daimler AG
Voir les photos

Les « véritables »

C’est un véhicule encore totalement dans sa configuration d’origine, donc non restauré et qui a été régulièrement entretenu et réparé dans les règles de l’art avec des pièces d’origine. Son historique doit être limpide avec, en particulier une chaîne de propriétaires parfaitement identifiés.

Les « répliques »

Il s’agit d’une copie réalisée en dehors de la période de production normale de la voiture. Même construite à partir de pièces neuves ou d’origine. Une réplique n’est pas considérée par la loi comme un « véhicule de collection ».

Bugatti 35 B réplique
Les répliques de Bugatti 35 B sont aujourd’hui plus nombreuses que les modèles d’origine. Celle-ci, construite en 1999 par Pur Sang Argentina, a été vendue aux enchères 243 600 euros par Artcurial en 2015
Voir les photos

Les « doubles »

C’est malheureusement un mal de plus en plus répandu. Il est né avec les collectionneurs de Bugatti qui n’hésitaient pas, parfois, à vendre la même voiture en pièces à plusieurs acheteurs différents qui complétaient ensuite l’auto, chacun de leur côté, avec des pièces d’origine ou refabriquées. D’ailleurs, il circule aujourd’hui plus de Bugatti qu’Ettore en a construit ! Cette pratique existe également avec des véhicules accidentés. Un châssis remplacé peut par exemple servir pour une reconstruction. On se retrouve alors avec deux voitures ayant les mêmes numéros.

Les véhicules d’intérêt historique

Ils englobent les modèles de course avec des palmarès prestigieux ou ceux qui marquent un événement (la dernière Citroën 2CV produite) ou encore ceux ayant appartenus à des célébrités (la Ferrari 250 GT California de Johnny Hallyday).

Ferrari 250 GT california
Crédit photo :
Artcurial Motorcars
Voir les photos
à lire aussi