Essai Dodge Viper RT-10 1994 : snake saignant !

Publié le mar 08/10/2019 - 06:43 . Mis à jour le mar 08/10/2019 - 11:36. par Jean-Luc Moreau

« Pour nous, l’unique mission de la Viper est de procurer du plaisir à son conducteur. La plus grande partie de notre temps de développement a donc été axée sur les accélérations et le freinage ». Ainsi parlait Herb Helbig, Monsieur Viper, lors de la présentation du monstre, quelque part dans la banlieue de San José en Californie en 1992. Fin 2019, le contrat est toujours rempli : ça pousse encore fort, même selon les standards actuels !

Dodge Viper RT-10
Crédit photo :
©2018 Courtesy of RM Auctions
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Le venin de la Viper est-il trop violent pour nos modestes métabolismes de mangeurs de grenouilles ? On peut légitimement se poser la question tant le reptile est rare sur nos routes. Et pourtant, à chaque fois que j’en conduis une, c’est l’attroupement à chaque arrêt. Oubliées les Ferrari, Porsche et autres Lamborghini. L’américaine, en l’occurrence une des premières versions de 1994, les relègue au second rang, à l’arrêt tout du moins. Ensuite, la fascination du serpent s’exerce autrement.

Dodge Viper RT-10
La première version de la Viper est très minimaliste : pas de poignées de portes, pas de glaces latérales, pas de capote et une unique couleur, le rouge
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Dedans, la Viper rime avec misère

Pour monter dans la Viper, le premier stade est logiquement l’ouverture de la portière. Fébrile, vous cherchez la poignée… Surprise, il n’y en a pas ! La carrosserie est désespérément lisse (comme celle de la Cobra, tiens, tiens…) il faut plonger la main dans l’habitacle pour déverrouiller la porte et s’insinuer dans le cockpit.

Le tunnel central est aussi large qu’un short de sumo !
Dodge Viper RT-10
Bien qu’exclusive, la Viper RT-10 est très abordable en collection. Cet exemplaire de 1994, a été vendu par RM/Auctions 37 400 $ en septembre 2018
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©2018 Courtesy of RM Auctions
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Les baquets (en cuir) sont très accueillants. Dodge avait pensé au gabarit conséquent de certains Américains … La position de conduite est tout à fait particulière, un peu à la manière de celle d’une monoplace. On est bas avec les jambes allongées. Le volant est vertical et les deux gros compteurs rappellent ceux d’une moto. Le pédalier n’est pas dans l’axe du volant. Mais contrairement à certaines Ferrari (308 et 328) où l’on est gêné par le passage de roue, et décalé vers la droite, ici, il est décalé sur la… gauche ! C’est dû à l’énorme moteur de camion qui nécessite un tunnel central aussi large qu’un short de sumo ! Sur la non moins imposante console centrale, on trouve, de gauche à droite : la pression d’huile, la température d’eau, le voltmètre et la jauge à essence, incrustés dans un placage en plastique dur véritable…

Dodge Viper RT-10
La présentation intérieure est très basique, comme la qualité des matériaux.
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Jean-Luc Moreau
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Dodge Viper RT-10
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Le cockpit est vite surchauffé

Plus bas, c’est le domaine de la ventilation, autant dire le royaume de l’inutile, la position la plus efficace étant sur « off » puisque le ventilateur s’obstine fermement à ne pulser que de l’air (très) chaud. Ce qui, dans le cockpit déjà surchauffé par la mécanique, constitue la goutte d’eau (de sueur ?) qui fait déborder le vase. De même que la ventilation, nous passerons (presque) sous silence l’autoradio. Non pas qu’il soit anémique (au contraire, il ne compte pas moins de 6 haut-parleurs malgré l’habitacle exigu) mais il vaut mieux profiter du son du moteur…

La suite de la visite passe par le levier de vitesse. Parfaitement placé on ne peut lui reprocher qu’un débattement un peu long. Et nous en terminerons avec le frein à main, assez disgracieux. Voilà pour le tour du propriétaire.

Dodge Viper RT-10
Les sièges baquets sont accueillants. C’est la seule concession au confort sur cette génération de Viper
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