Essai Dodge Viper SRT-10 : La mue du serpent

Publié le jeu 07/11/2019 - 16:40 . Mis à jour le jeu 07/11/2019 - 17:33. par Jean-Luc Moreau

Pour le millésime 2003, Dodge a offert une « nouvelle peau » à sa Viper. Son look est toujours aussi impressionnant avec son capot démesuré et ses énormes roues mais l’aérodynamique a beaucoup progressée. Autre trait marquant : l’arceau a disparu et la voiture adopte une vraie capote repliable.

Dodge Viper SRT-10
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Depuis sa présentation en tant que concept car au salon de Detroit 1989, la Dodge Viper n’a jamais cessé de déchaîner les passions. Il faut dire que ce roadster au look diabolique est un cas à part dans la production automobile mondiale. Il n’a rien de commun avec une Porsche, une Ferrari, ni même une Chevrolet Corvette. Au raffinement, au luxe et à la technologie, la Viper oppose en effet une rusticité et une force bestiale qui lui donnent ce caractère inimitable.

Moins bestiale mais plus performante

La seconde version, baptisée SRT-10, n’a pas, non plus, succombé aux sirènes du progrès. Elle possède bien un ABS et un différentiel autobloquant mais toujours pas d’antipatinage, encore moins d’ESP et se passe de turbo, de culasses multisoupapes, d’injection directe d’essence et d’arbres à cames en tête pour délivrer sa puissance faramineuse. Pour cette nouvelle « mue » du reptile, la seule concession concerne le confort qui, il faut l’avouer était pour le moins spartiate.

Dodge Viper SRT-10
Pour aménager le logement de la capote, la nouvelle Viper a gagné 7 cm en longueur. Elle mesure désormais 4, 46 m dont 50% de…capot !
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La Viper SRT-10 est moins inconfortable

L’environnement intérieur, simplement miséreux sur la première génération, a été entièrement revu. Pourtant, les plastiques de la SRT-10 font encore très « Fisher Price » et l’instrumentation semble empruntée à une voiture de l’ex-bloc de l’est. Evidement la graduation sur fond blanc du compteur qui, de 30 en 30 km/h, va jusqu’à 330 km/h met la puce à l’oreille. Mais le compte-tours, dont la zone rouge débute à 6000 tr/mn pourrait laisser penser qu’on est à bord d’une banale berline essence. Les jauges, placées verticalement sont plus lisibles, de même que les compteurs, ce qui n’a rien d’un détail à bord d’un engin capable de vous coller au siège.

Dodge Viper SRT-10
La zone rouge du compte-tours, à 6000 tr/mn, contraste avec la graduation du compteur qui va jusqu'à 340 km/h !
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La position de conduite reste étrange malgré le pédalier réglable électriquement en profondeur sur 10 cm. Il faut dire qu’on a toujours les jambes décalées sur la gauche et que l’espace est exigu en largeur.

Mais cessons de jouer les rabat-joie. Il y a aussi du bon comme par exemple des touches d’aluminium, le revêtement cuir/alcantara des baquets ou une vraie capote. Elle n’est encore pas électrique et il faut ouvrir le coffre pour l’installer mais elle protège de la pluie à défaut d’éviter le bruit. Il y a aussi une climatisation, bien utile dans la fournaise que fait régner à bord le monstrueux moteur tapis sous le long capot. Enfin, les amortisseurs sont plus progressifs sans pour autant devenir moelleux. C’était LE changement indispensable car la Viper RT-10 était un vrai tape-cul.

Dodge Viper SRT-10
Le poste de pilotage très « minimaliste » n’a rien d’un jet, ce qui n’est pas le cas des performances procurées par le monstre sous le capot : 0 à 100 km/h en 3,9 s et 306 km/h !
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