Essai Mini Cooper carbu 1991 : le retour de la reine

Publié le dim 12/01/2020 - 21:32 . Mis à jour le mer 15/01/2020 - 11:27. par Nicolas Meunier

Approcher une Mini ancienne, c’est prendre le mesure d’un gabarit… mesuré ! Car de nos jours, aucune voiture n’apparaît si frêle et compacte. Même une Smart, pourtant plus courte, semble massive à côté.

Ici, il est possible de s’accouder sur le toit. Les Mini modernes passent pour des géantes à côté : à son lancement, la première génération lancée par BMW, la R50, accusait ainsi quasiment 60 cm de plus que l’ancêtre ! Une différence de gabarit bien difficile à masquer dans les vidéos promotionnelles d’alors, où les deux générations se côtoyaient sur les routes du rallye Monte Carlo.

12 pouces, mais un look inaltéré

L’auto est petite, son charme intact. Il apparaît bien difficile pour un non initié de distinguer une Mini de 1991 de celle de 1959. Et, même pour un spécialiste, l’affaire n’est pas simple : la différence avec la MkIII lancée en 1970 ne concerne que les roues de 12 pouces ! Son style inoxydable fait le succès de la Mini en collection.

Mini Cooper 1991
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La surprise véritable est à trouver à l’intérieur, témoignant du génie d’Alec Issigonis. Car jamais on n’aurait imaginé qu’une aussi petite voiture puisse offrir autant d’espace. L’habitabilité est pour ainsi dire comparable à celles des générations actuelles. Alors certes, il faut un peu se contorsionner pour monter – ou plutôt descendre – à bord. Car on est véritablement assis au ras du sol et le sommet de la porte est situé à une altitude assez basse. A l’arrière, c’est encore pire : les sièges qui basculent d’un bloc vers l’avant entravent le passage. Mais pour autant, une fois l’épreuve passée, on se trouve plutôt bien installé, avec des sièges d’un moelleux correct. Inutile certes d’attendre un confort de voiture moderne, surtout que cette version de 1991 n’a pas encore hérité des sièges plus enveloppants de la Metro/Rover 100. Les appuie-tête sont par exemple symboliques…

Mini Cooper 1991
La Mini Cooper de 1991 se distinguait par son combiné à trois compteurs à fond vert.
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Mais le plus décalé, c’est la position de conduite. Décalé est véritablement le mot, tant les divers éléments ne semblent pas assemblés les uns en face des autres. Le siège est censé pourvoir se régler en longueur. Mais la commande est si dure, qu’on oublie bien vite l’idée… Le volant est incliné à 45° par rapport à l’horizontale, comme dans une camionnette. Les pédales, petites et écartées enlèvent vite toute envie de s’adonner à l’exercice du talon-pointe… Même si on finit par y arriver avec un peu d'obstination. En 1991, les constructeurs avaient depuis longtemps pris en compte les critères d’ergonomie dans la conception de leurs autos. Conduire une Volkswagen Polo contemporaine montre à quel point la Mini était déjà vieillissante au lancement de cette Cooper.

Mini Cooper 1991
Le quatre-cylindres n'a pas de mal à embarquer les seulement 675 kg de la Mini.
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Sous le capot donc, on retrouve le quatre-cylindres de 1275 cm3, bien connu dans de nombreux modèles du Rover Group. Ici, il développe 61 ch et est associé à une boîte manuelle à quatre rapports. Starter à fond, cette Mini Cooper démarre au quart de tour, dans un bruit rauque sympathique, fruit de la combinaison de l’alimentation par carburateur et de la ligne d’échappement, récente et très légèrement plus libérée que celle d’origine.

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