Ford Mustang 260 ci cabriolet 1964 ½ : rouge de plaisir !

Publié le jeu 19/12/2019 - 11:02 . Mis à jour le ven 20/12/2019 - 08:28. par Thierry Réaubourg

Un cabriolet Mustang rouge, de première génération : l’image d’Epinal pour les disciples du rêve américain ! Surtout lorsque son long capot abrite le légendaire V8 maison. Un modèle d’autant plus désirable qu’il s’agit d’un des premiers commercialisés. Rencontre avec une icône…

Ford Mustang 260ci cabriolet 1964 ½
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Christian Martin
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La Mustang, c’est avant tout une gueule. Un coup de crayon magistral qui fait table rase, en 1964, de tout ce que les constructeurs américains ont osé produire jusqu’alors. A cent lieues des obscènes péniches chromées inondant la production des big three, la Ford des baby-boomers s’affranchit de tout artifice inutile. Gabarit « compact » (4,61 m tout de même), long capot et jolies hanches : son charme opère au premier regard. Notamment en version cabriolet, étonnante de pureté pour un produit « made in Detroit ». De faux airs de sportive européenne, mais point de cheval cabré sur la calandre. Moins bégueule que celui de Maranello, l’étalon du Michigan préfère s’évader de son enclos crinière au vent…

Ford Mustang 260ci cabriolet 1964 ½
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Ford Mustang 260ci cabriolet 1964 ½
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Evidemment, le rouge (Rangoon Red) lui sied à merveille. En particulier coiffée d’une capote en vinyle blanc. L’archétype de la Mustang dans l’inconscient collectif ! Il existe cela dit bien d’autres teintes en mesure de mettre les lignes élancées de l’américaine en valeur, ainsi qu’un large choix d’enjoliveurs et de jantes, en tôle, à fils ou à papillon. Précisons au passage que celles qui équipent notre voiture d’essai, assemblée le 25 mai 1964 (un peu plus d’un mois seulement après le lancement officiel !), ne sont apparues qu’à l’occasion du millésime 1965. Que les puristes nous pardonnent donc cette petite entorse à l’origine, indépendante de notre volonté…

Ford Mustang 260ci cabriolet 1964 ½
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En 64 déjà, la capote était électrique !
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L’intérieur de la Mustang hésite entre "standard", luxe et sport

A bord en revanche, la sellerie blanche contrastant avec la moquette rouge sont bel et bien la combinaison qui équipait la voiture au sortir de la chaîne de montage à Dearborn. Un intérieur on ne peut plus standard, avec ses fameux sièges « sport » – fort glissants en réalité ! – qui ont fait fantasmer les teenagers il y a 55 ans. La luxueuse option Decor Group, incluant la fameuse sellerie « pony » et les habillages en ronce de Formica, n’était pas encore au programme en 1964. Notre cabriolet profite néanmoins de quelques options sympathiques, à l’instar de la console centrale (avec vide poche et cendrier), de la radio ou des ceintures de sécurité ventrales, qui n’empêcheront malheureusement pas de vous fracasser la mâchoire sur le tableau de bord en cas choc. Les crash-tests n’étaient pas encore passés par là…

Ford Mustang 260ci cabriolet 1964 ½
En 1964 Ford proposait 10 combinaisons de couleurs intérieures dont ce duo "White Vinyl, Red Trim"
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Le catalogue d'options était épais comme le bottin...
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Le dossier des sièges avant ne disposant d’aucun réglage (ni d’appui-tête d’ailleurs), la position de conduite un rien allongée peut également surprendre. D’autant que le postérieur ne s’élève qu’à quelques centimètres du plancher, obligeant le pilote à tendre ses abattis vers les pédales. Heureusement, le beau volant tulipé, non réglable lui non plus, mais placé plus en avant dans l’habitacle, permet de ménager ses efforts en gardant les bras pliés. Un bonheur ne venant jamais seul, notre écarlate monture profite aussi de la direction assistée (option, évidemment !), si légère qu’on la manœuvre d’un doigt.

Ford Mustang 260ci cabriolet 1964 ½
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En ligne de mire, s’étire le banal compteur horizontal, hérité de la Falcon et gradué jusqu’à 120 miles à l’heure. Les modèles « export », livrés en France à compter de 1965, sont pour leur part équipés d’un tachymètre indiquant 200 km/h. Un chiffre qui impressionne davantage dans les sixties ! Les « obus » logés aux extrémités, accueillent quant à eux la jauge à essence, à gauche, ainsi que l’indicateur de température d’eau, à droite. Aucune trace d’un totalisateur journalier, en revanche. Les commandes chauffage (au centre) comme les boutons de commande des phares (à gauche du volant), des essuie-glaces et de l’allume-cigare (à droite) proviennent également de la roturière Falcon, économies d’échelle oblige. Au final, on ne peut pas dire que la planche de bord (en tôle) fasse grande impression, exception faite de deux « casquettes » symétriques (en plastique souple) qui la surplombent…

Ford Mustang 260ci cabriolet 1964 ½
De gauche à droite les commandes de : la capote électrique, des essuie-glaces et des phares
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Les plus observateurs auront également remarqué l’absence de pédale d’embrayage à bord de notre Mustang 19641/2, celle-ci bénéficiant de la boîte « Cruise-O-Matic » à trois rapports, optionnelle. Un petit coup de zoom sur celle des freins, gravée « Power Brake », trahit cette fois la présence d’une autre option de choix : l’assistance au freinage, bien utile pour soulager le mollet et limiter les blocages intempestifs des quatre tambours…

Ford Mustang 260ci cabriolet 1964 ½
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Dès le lancement, 50 % des acheteurs choisissent la boite auto
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Terminons le tour du propriétaire par les places arrière, accessibles en basculant les dossiers avant. Deux adultes y logent sans encombre, en dépit d’un espace aux jambes un tantinet restreint. Et d’un tunnel de transmission pour le moins proéminent ! Nonobstant, difficile se sombrer dans la claustrophobie, d’autant que quelques secondes suffisent, via le petit interrupteur à l’extrême gauche de la planche de bord, pour faire profiter l’assemblée d’un beau ciel bleu. Une ou deux minutes encore pour « bouton-pressionner » le couvre-capote, et à nous les belles petites routes d’Ile-de-France, bercés par le doux ronronnement du V8…

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Ford Mustang 260ci cabriolet 1964 ½
Cendrier et lumière de courtoisie pour les passagers arrière avec l'option console centrale
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