Peugeot VLV : électrique par essence

Publié le lun 22/07/2019 - 11:39 . Mis à jour le lun 23/09/2019 - 16:06. par Jean-Luc Moreau

Si Peugeot lance la e-208, ce passage à l’électrique n’a rien d'une première. L'étrange Peugeot VLV, conçue pendant la deuxième guerre mondiale, roulait déjà (par obligation) sans polluer…

Peugeot VLV
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Darin Schnabel ©2012 Courtesy of RM Auctions
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VLV, trois initiales pour véhicule léger de ville. Tout est dans le nom ! L'engin ne mesure que 2,67 m de long pour 1,21 m de large. Il ne pèse que 350 kg et emmène deux passagers dont les sièges sont décalés. Mais sa plus grande originalité, c'est sa propulsion électrique, assurée par un moteur Safi, alimenté par quatre batteries au plomb (12 V, 82 A) placées sous le capot. Avec 160 kg, elles représentent 45 % du poids de la voiture !

Peugeot VLV

Mais cette motorisation a beau être non polluante, ce n'est pas pour cette raison qu'elle a été choisie. Le VLV est en effet dévoilé le 1 mai 1941, en pleine seconde guerre mondiale. L'essence est alors rationnée et l'électricité est un bon moyen de faire face à la pénurie de carburant. Mais la production, assurée à la Garenne-Colombes dans les Hauts-de-Seine (les usines de Sochaux étant occupées), est de courte durée, l'industrie militaire ayant de gros besoins en cuivre. Seuls 377 exemplaires sont fabriqués ; principalement utilisés par la poste et les médecins car il faut à l'époque un bon d'achat et une autorisation de circuler.

Une demi-douzaine seulement de VLV a survécu. Peugeot en a vendu un aux enchères en 2009 pour… 26 806 € !

Peugeot VLV
RM/Sotheby's a vendu cet exemplaire de 1942 20 125 $ en février 2013

6,6 centimes du kilomètre !

Dans son numéro du 1 mai 1941, l'Argus essayait la voiture. « Il faut soulever l'avant de la capote pour faciliter l'accès à bord » souligne le journaliste. Le moteur électrique de 3,3 ch. ne permet pas de dépasser 30 km/h en conduite normale. Si un surcroît de « puissance » est nécessaire, une seconde pédale permet de porter momentanément la vitesse à 35 km/h !

Peugeot VLV
Rentrer dans le VLV Peugeot n'est pas si facile

L'Argus note également que si les deux roues arrière sont pratiquement jumelées (ce qui ne nécessite pas de différentiel), « les suspensions avant sont à roues indépendantes ; c'est une Peugeot ! ». De même, « le freinage est sur les quatre roues ». Un autre gage de sécurité… Le plus surprenant reste cependant l'autonomie annoncée : 75 km avec deux passagers ! La charge totale coûtant 5 francs (anciens), cela met le kilomètre à 6,6 centimes soit 0,001 centime d'euro. Déjà une bonne affaire !

Archive Argus 1941 Peugeot VLV
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