Guide d’achat Mini

Publié le lun 13/01/2020 - 22:53 . Mis à jour le mer 15/01/2020 - 09:02. par Nicolas Meunier

En quarante ans de carrière, la Mini a eu le temps de se décliner en une infinité de versions. D’autant plus qu’elle a été produite sous licence dans plusieurs pays, avec autant de spécificités, et que son constructeur a usé et abusé des séries spéciales pour maintenir sa carrière. Le millionième exemplaire est tombé de chaîne en 1965. La dernière Mini, sortie le 4 octobre 2000 de l’usine de Longbridge, clôt une production qui s’est élevée à 5.387.862 exemplaires. Le pic a été atteint en 1971, année où 318.475 Mini ont été fabriquées.

Au cours de sa carrière, la Mini a évolué de manière parcimonieuse, mais suffisante pour que les versions soient réparties en sept séries, correspondant à autant de périodes de production. Lors de la première période de production, lorsque les modèles étaient diffusés sous plusieurs marques, la première lettre du numéro de châssis correspond à la marque :

  • A pour Austin,
  • M pour Morris,
  • C pour Austin-Cooper,
  • K pour Morris-Cooper,
  • W pour Wolseley, 
  • R pour Riley.

Après 1970, lorsque tous les modèles sont regroupés sous l’unique marque Mini, c’est la lettre X qui ouvre le numéro d’identification, puis un S pour la dernière décennie de production.

Les Innocenti sont identifiées par un B. La première série de quatre caractères après le préfixe indique le type de carrosserie et la série. Par exemple, A2S7 pour une berline MkI. Une lettre L est ajoutée pour les modèles à conduite à gauche.

Les premières Mini ont le style le plus pur

Craquer pour une Mini MkI

Les toutes premières Mini ont pour elle une valeur patrimoniale, doublée d’un look spécifique. Petits feux, petite lunette arrière, calandre à « moustache », charnières de portes apparentes… Comme pour la plupart des voitures, ces versions ont le style le plus pur. Mais attention aux contrefaçons ! Il existe de nombreuses Mini récentes déguisées en MkI.

Mini MkI
La calandre à "moustaches" fait tout le charme de la Mini MkI
Crédit photo :
BMW
Voir les photos

Les MkI séduisent par leur look, moins par leurs performances. Le moteur 850 limite en effet l’agrément de conduite par sa faible puissance. Si bien qu’on se tournera avant tout vers ces versions pour leur style ou leur intérêt historique, plus que pour l’envie d’avaler les kilomètres à leur bord. Evidemment, la problématique est différente avec les Cooper, plus puissantes. Mais il s’agit là de véritables pièces de collection aux tarifs élevés, surtout si elles ont un palmarès en compétition.

Les grandes dates de la MkI

Août 1959 : présentation à la presse des Austin Seven et Morris Mini Minor (ADO15) au centre de recherche militaire de Chobham. Les deux modèles se distinguaient par leur calandre : à lames horizontales pour l’Austin, en tôle à fentes rectangulaires pour la Morris. Deux finitions étaient proposée, la De Luxe se distinguant de la Basic par ses vitres arrière à compas, ses enjoliveurs plus grands, sa sellerie bicolore en vinyle, son lave-glace et ses touches de chrome.

Janvier 1960 : commercialisation de la Minivan, version break utilitaire de la Mini.

Janvier 1961 : présentation de la Mini pick-up au Salon de Genève.

Septembre 1961 : la Super s’ajoute à la gamme. Elle se distingue par sa carrosserie bicolore, avec toit noir ou blanc, sa finition intérieure plus luxueuse et son tableau de bord plus complet avec manomètres de température d’eau et de pression d’huile. Commercialisation des breaks Austin Seven Countryman et Morris Mini Traveller, breaks à décorations extérieurs en bois présentés respectivement en mars et en juin. Ces modèles reprenaient la finition intérieure de la De Luxe. Lancement de la Mini Cooper (nom de code ADO50) à moteur 997 cm3 de 55 ch. Elle se distinguait par sa carrosserie bicolore et ses freins à disques.

Austin Mini Countryman
Les breaks Austin Mini Countryman et Morris Mini Traveller sont très recherchés du fait de leur charme inimitable.
Crédit photo :
BMC
Voir les photos

Octobre 1961 : présentation au Salon de Londres des Wolseley Hornet et Riley Elf, versions tricorps chic de la Mini. La Riley était encore plus luxueuse avec son tableau de bord en bois.

Janvier 1962 : l’Austin Seven prend l’appellation Austin Mini. Début de production des Wolseley Hornet et Riley Elf.

Octobre 1962 : Les De Luxe et Super sont remplacées par une unique version, la Super De Luxe, qui reprend la définition de la De Luxe avec le tableau de bord de la Super.

Mars 1963 : lancement de la Cooper S à moteur 1071 cm3 de 70 ch. Les Riley Elf et Wolseley Hornet adoptent un nouveau moteur de 998 cm3 et 38 ch. En option, un levier de vitesses droit facilitait les changements de rapports.

Janvier 1964 : la Cooper adopte un moteur de 998 cm3, dérivé de celui des Riley Elf et Wolseley Hornet, plus fiable.

Mars 1964 : lancement des Cooper S 970 (65 ch) et 1275 (76 ch).

Août 1964 : fin de production de la Cooper S 1071.

Septembre 1964 : arrivée de la suspension Hydrolastic sur les berlines.

Avril 1965 : fin de production de la Cooper S 970.

Octobre 1965 : la boîte automatique à quatre rapports Minimatic fait son apparition au catalogue des options. Cet équipement a été conçu par le spécialiste Automotive Products.

Craquer pour une Mini MkII

La carrière de la Mini MkII a été relativement brève. Cette version est signe de la maturité pour la petite anglaise : alors qu’Alec Issigonis travaille à la 9X, une remplaçante qui ne verra jamais le jour, cette évolution a pour but de maintenir la carrière de la Mini. Cela passe par un style revu, quoique encore marqué par les charnières de portes apparentes et, surtout, la généralisation du moteur de 998 cm3. Du fait de sa durée de production relativement limitée, il s’agit d’une des générations les plus rares, ce qui explique sa valeur soutenue.

Morris Cooper S MkII
La Mini MkII adopte une nouvelle calandre hexagonale mais conserve les charnières de portes apparentes
Crédit photo :
BMW
Voir les photos

Les grandes dates de la Mini MkII

Janvier 1967 : présentation de la MkII dans la foulée du rallye Monte Carlo. Esthétiquement, la nouvelle venue se distingue par une calandre au contour hexagonal (toujours à lamelles horizontales chez Austin et grillagée chez Morris), une lunette arrière élargie et des feux plus grands. Surtout, le moteur de 998 cm3 de 38 ch est désormais proposé (en association avec le levier de vitesse droit « Remote ») sur toutes les carrosseries, même si le 850 perdure en entrée de gamme. La Morris devient Mini tout court, et non plus Mini Minor.

Janvier 1968 : toutes les Mini sont désormais fabriquées à Longbridge, la ligne d’assemblage de Cowley étant désormais utilisée pour la Maxi.

Août 1969 : fin de production des Riley Elf et Wolseley Hornet.

Octobre à décembre 1969 : fin de production des MkII

Désormais, tous les modèles portent la marque Mini

Craquer pour une Mini MkIII

La MkIII correspond à une évolution assez importante de la caisse de la Mini. Suffisamment en tout cas pour qu’elle change de nom de code et devienne ADO20. Surtout, l’arrivée de ce modèle correspond à la prise de contrôle de BMH (British Motor Holdings Ltd.), déficitaire, par Leyland. Alec Issigonis n’est plus en odeur de sainteté et il n’est plus question de suivre ses préceptes. La Clubman, remplaçante des Riley Elf et Wolseley Hornet est ainsi bien éloignée de l’esprit originel. Plus question non plus de verser le moindre centime à des consultants extérieurs, d’où la fin des Cooper, dès que possible. Désormais, tous les modèles portent la marque Mini, et non plus Austin ou Morris… Même si, longtemps encore, l’auto sera désignée dans le langage courant comme une "petite Austin".

Mini 850 MkIII
En devenant MkIII, la Mini adopte un look qu'elle conservera, à quelques détails près, jusqu'en 2000.
Crédit photo :
BMW
Voir les photos

Les grandes dates de la Mini MkIII

Septembre 1969 : présentation des Mini à « nez carré ». Ces modèles haut-de-gamme, esthétiquement plus imposants, avaient pour mission de remplacer les Wolseley Hornet et Riley Elf, tout en coûtant moins cher à fabriquer. Il s’agissait assez simplement d’une Mini au porte-à-faux avant rallongé d’une dizaine de centimètres. Celle-ci était déclinée en trois versions : Clubman, à moteur 998 cm3, Clubman Estate (version break) et 1275 GT, à moteur 1275 cm3 de 60 ch, censée remplacer les Cooper.

Octobre 1969 : présentation au Salon de Londres des Mini MkIII. Celles-ci conservent l’avant arrondi des MkII, avec les évolutions de caisses des nez carrés : plus de charnières apparentes, vitres descendantes et non plus coulissantes, portes plus hautes… On note aussi l’abandon de la suspension Hydrolastic, qui demeure l’apanage des Clubman et 1275 GT, pour un retour aux cônes en caoutchouc. Deux versions sont proposées : 850 et 1000, aux côtés des dernières Cooper S.

Mars 1970 : arrêt de production de la Cooper S

Décembre 1970 : la 1275 GT adopte un pont final plus long de 3,44 : 1 en lieu et place du 3,65 : 1 jugé trop bruyant.

1971 : disparition de la suspension Hydrolastic sur les Clubman et 1275 GT.

Décembre 1972 : montage d’un alternateur, nouveau levier de vitesse droit généralisé à toute la gamme.

1974 : ceintures à enrouleur de série sur les Mini. Le nouveau carburateur HS4 porte la puissance à 37 ch sur la 850, à 40 ch sur la 1000.

Juin 1974 : les Clubman et 1275 GT disposent en série de nouvelles roues de 12 pouces. Abandon du servofrein.

Octobre 1975 : les Clubman à boîtes manuelles adoptent un nouveau moteur 1098 cm3 de 45 ch. Nouvelle calandre en plastique noir sur les Clubman et 1275 GT.

Craquer pour une Mini MkIV

Comme la plupart des évolutions de la Mini, la MkIV n’a jamais officiellement porté cette appellation. Mais les modifications apportées au châssis ont justifié a posteriori de marquer un nouveau jalon dans l’histoire de la petite anglaise. Son lancement suit la faillite, puis la nationalisation de British Leyland en 1975.

Mini E
Bien malin qui peut identifier une Mini MkIV au premier coup d'oeil !
Crédit photo :
BLMC
Voir les photos

Les grandes dates de la Mini MkIV

1976 : lancement des Mini MkIV, dont la principale modification concerne le châssis, avec des cadres de trains roulants désormais montés sur cales élastiques. La colonne de direction bénéficie désormais d’un antivol et de deux commodos. En France, la version Special (non proposée sur le marché britannique) fait office de haut-de-gamme, en reprenant l’intérieur de la Clubman et son moteur 1098 cm3, ainsi qu’un toit recouvert de vinyle noir ou marron.

1977 : nouvelle calandre noir mat

Août 1977 : Les Special, Clubman et 1275 GT reprennent le volant à deux branches des Mini standard. La Special reprend les instruments à trois compteurs (avec compte-tours) des Clubman, derrière le volant.

1979 : lancement de la Mini City au Royaume-Uni, modèle d’entrée de gamme

Août 1980 : fin de production de la Mini 850 et des Clubman et 1275 GT, remplacées par la Metro. Les Mini reçoivent une nouvelle version du moteur 998 cm3, dénommé « A Plus » et partagé avec la Metro. Celui-ci développe 39 ch et dispose d’un taux de compression plus élevé, ainsi qu’un vilebrequin et un bloc renforcés. Le tout est assorti de pneus Dunlop à faible friction. L’insonorisation est améliorée. La Mini 1000 est rebaptisée HL et abandonne le compteur central au profit d’un combiné à deux compteurs derrière le volant.

Mini Special
La Mini Special n'a pas été commercialisée dans son pays d'origine. mais elle fut un succès en France.
Crédit photo :
BMW
Voir les photos

1981 : arrêt de la Mini Special

1982 : pour favoriser les économies de carburant, le moteur HLE (E pour économique) de la Métro, toujours une évolution du 998 cm3 prend place dans la Mini, en même temps qu’un pont plus long. Les City et HL sont respectivement renommées City E (Mini E en France) et HLE. Fin de commercialisation de la Clubman Estate.

Septembre 1982 : la HLE est remplacée par la Mayfair, plus luxueuse avec sa sellerie en velours, ses deux rétroviseurs, ses vitres teintées, son bloc d’instruments à trois compteurs et sa radio.

Juillet 1984 : présentation de la série limitée 25, destinée à célébrer le vingt-cinquième anniversaire de la Mini. Celle-ci se distingue par sa teinte gris métallisé Silver Leaf, ses liserés rouges assortis aux ceintures de sécurité et sa sellerie en velours. Mais, surtout, elle est la première Mini hors Clubman à disposer de roues de 12 pouces, assortis des disques de frein de 8,4 pouces de la défunte 1275 GT.

Austin Rover délaisse la Mini

Craquer pour une Mini MkV

Les roues plus grandes de la Mini MkV transfigurent sa physionomie. Pourtant, la Mini est un peu laissée pour compte par Austin Rover, qui compte en arrêter la production face à des ventes en baisse (moins de 40.000 en 1986). Ces Mini, abordables, abondantes et fiables, sont des choix sans souci.

Mini E
Inaugurées par la série limitée 25, les roues de 12 pouces sont vite généralisées au reste de la gamme.
Crédit photo :
Rover
Voir les photos

Les grandes dates de la Mini MkV

Octobre 1984 : les deux modèles de Mini restant au catalogue, les City E (E en France) et Mayfair reçoivent les roues de 12 pouces inaugurées par la série limitée 25. La Mayfair gagne des jantes en alliage et des sièges à appuie-tête.

1985 : série limitée Ritz

Novembre 1985 : la City E abandonne le compteur central originel pour un bloc à deux compteur situé au-dessus de la colonne de direction.

1986 : séries limitées Chelsea et Piccadilly

Octobre 1986 : les ceintures de sécurité arrière sont de série.

1987 : séries limitées Park Lane et Advantage

1988 : séries limitées Red Hot, Jet Black et Designer

Août 1988 : changement d’appellation du modèle d’entrée de gamme. Au Royaume-Uni, la City E redevient City et en France, la E prend l’appellation Special. Les jantes en tôle sont de retour sur la Mayfair.

Octobre 1988 : le servofrein est de série sur tous les modèles.

1989 : Séries limitées Racing Green, Flame Red, Sky, Rose et Thirty

Juin 1989 : l’entrée de gamme gagne quelques chromes et des enjoliveurs, la Mayfair adopte des rétroviseurs couleur carrosserie.

1990 : retour des séries limitées Racing Green et Flame Red. Nouvelles séries limitées Checkmate et Studio 2

Septembre 1990 : retour de la Mini Cooper au catalogue, qui signifie aussi le retour du moteur 1275 cm3 sur la Mini. Il développe avec son carburateur HIF 44 la puissance de 61 ch.

Mars 1991 : John Cooper propose à la vente un kit Cooper S pour faire grimper la puissance à 78 ch.

Mars 1992 : la Cooper passe à l’injection, et prend l’appellation Cooper 1.3i. Son moteur développe 63 ch.

Craquer pour une Mini MkVI

La fin d’une époque… Les normes antipollution qui entrent en vigueur en 1993 contraignent la Mini à passer à l’injection. De quoi justifier l’appellation MkVI. Certains regretteront une sonorité un peu étouffée mais la facilité d’entretien y gagne.

Mini Cooper Grand Prix Limited Edition
A peine revenue au catalogue, la Cooper se hisse en tête des ventes
Crédit photo :
BMW
Voir les photos

Les grandes dates de la Mini MKVI

Mai 1992 : le moteur 1275 cm3 à injection est généralisé également aux versions Sprite (nouvelle entrée de gamme) et Mayfair, dans une version dégonflée à 50 ch.

Juin 1992 : série limitée British Open, à toit ouvrant en toile.

Juillet 1993 : la British Open II rentre au catalogue régulier en France, commande intérieure d’ouverture du capot

1994 : commercialisation du Cabriolet, séries limitées 35 et Cooper Monte Carlo. Adoption des sièges de la Metro

La Mini entre dans l'ère BMW

Craquer pour une Mini MkVII

Ultime itération de la Mini originelle, la MkVII traduit les ambitions de BMW, nouveau propriétaire de Rover depuis 1994, de faire monter en gamme la citadine britannique. La gamme est simplifiée à l’extrême, pour laisser la vedette à des séries limitées de plus en plus chic et raffinées, appelées à devenir de véritable collectors. Avec une idée derrière la tête : préparer le terrain pour la future génération, qui sera commercialisée en 2000.

Mini Final Edition
A la fin, BMW multiplie les éditions spéciales de plus en plus luxueuses
Crédit photo :
Rover
Voir les photos

Les grandes dates de la Mini MkVII

Octobre 1996 : il n’y a plus qu’un seul moteur, identique sur toutes les Mini. Il s’agit du 1275 cm3, passé à l’injection multipoint et développant 63 ch. Ainsi, la Cooper n’est plus qu’un niveau de finition, qui se distingue de la version d’entrée de gamme par son toit blanc et ses bandes de capot assortie. A l’intérieur, la présentation se veut plus luxueuse, avec une planche de bord qui habille désormais toute la largeur de l’habitacle. L’équipement fait une concession à la modernité avec l’ajout d’un airbag conducteur et l’ajout de renforts dans les portières. Une Cooper S fait son retour : elle se distingue de la Cooper par ses jantes de 13 pouces, ses ailes élargies et ses quatre projecteurs additionnels. Selon les marchés, cet ensemble est une option appelée Sports Pack.

1996 : série limitée Cooper 35

1998 : séries limitées Paul Smith et Cooper Limited Edition

1999 : séries limitées 40 et John Cooper Limited Edition

2000 : séries limitées Knightsbridge et Cooper Sport 500

4 octobre 2000 : la toute dernière Mini, une Cooper Sport 500 sort de chaîne, alors que sa remplaçante prend son premier bain de foule au Mondial de l’Automobile de Paris.

à lire aussi