Volvo P1800 Guide d’achat

Publié le mar 20/08/2019 - 13:04 . Mis à jour le lun 23/09/2019 - 15:27. par Jean-Luc Moreau

Hormis l’introduction du break de chasse P1800 ES en 1971 et l’arrivée de l’injection en 1970, la P1800 a subi peu de modifications profondes tout au long de sa vie. Certains exemplaires sont tout de même plus recherchés que d’autres. Voici comment s’y retrouver.

Volvo P1800
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La Volvo P1800 a été produite pendant 13 années, de 1961 à 1973 à 47 491 exemplaires (39 414 coupés et 8077 breaks de chasse). 50 % de cette production a été vendue aux USA qui restent aujourd’hui la source numéro un d’approvisionnement. À l’inverse d’autres modèles, c’est une filière a privilégier car, si les P1800 sont également nombreuses dans les pays du Nord de l’Europe, Suède bien sûr mais aussi Allemagne, Pays-Bas, Danemark et Belgique, elles ont plus subi les affres de la météo que celles en provenance du sud des États-Unis par exemple

Volvo P1800 : l'histoire de la plus British des suédoises
Volvo P1800 gamme 1972
Volvo P1800 gamme 1972
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La P1800 n’a connu qu’une seule évolution majeure : lors de l’apparition de l’injection sur le moteur B20E. Elle s’est accompagnée de modifications esthétiques légères et de changements plus profonds dans l’habitacle. Pour les autres modèles il faut avoir présent à l’esprit que la majorité des évolutions se faisaient au changement de « l’année modèle ». L’année modèle démarre en août et s’achève en juillet de l’année suivante. Ainsi, une P1800 « 1966 » peut avoir été fabriquée d’août 1965 à juillet 1966. Mais tout n’est pas si simple. Certaines modifications ont en effet été effectuées en dehors de l’année modèle. La seule solution est alors de se référer au numéro de châssis.

P 1800 (A) JENSEN, 1961 – 1963 (6000 exemplaires)

Volvo P1800 Jensen 1962
Volvo P1800 Jensen 1962
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Sur les 10 000 exemplaires initialement prévus, seuls 6000 furent assemblée chez Jensen en Angleterre. Ces modèles se reconnaissent à leurs pare-chocs « cornes de vache », leurs enjoliveurs « soleil » et le monogramme « Volvo » sur le montant arrière. C’est sans doute la P1800 la plus mal construite et la moins performante de toutes avec seulement 90 ch. DIN, mais elle est très recherchée des collectionneurs pour son « exotisme ». L’overdrive qui offre l’équivalent d’un 5e rapport est une option à privilégier.

P1800 S (B), avril 1963 – juillet 1963 (2000 exemplaires)

Volvo P1800 S 1963
Volvo P1800 S 1963
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En avril 1963, la production est transférée en Suède. Le logo 1800 S apparaît alors sur la face arrière de la voiture ce qui est la seule modification esthétique extérieure avec les enjoliveurs « Amazon » qui remplacent les enjoliveurs « soleil ». À l’intérieur, la partie centrale de l’assise et du dossier des sièges est désormais habillée de cuir et le dossier est ajustable. On note surtout une amélioration de la finition et en particulier de la qualité de la peinture par rapport aux modèles produit par Jensen.

1800 S (D, le C n’a pas été utilisé), année modèle 1964 (4500 exemplaires)

Volvo 1800 S 1964
Volvo 1800 S 1964
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Rien ne change extérieurement (tant mieux) mais la puissance du B18 est portée à 96 ch. DIN grâce à un nouvel arbre à cames. L’overdrive est maintenant monté de série. À l’intérieur, le dossier de la banquette arrière est désormais rabattable ce qui permet de transporter des bagages qui peuvent être maintenus en place par deux courroies. Les portes, vitres et mécanismes de lève vitres sont nouveaux à partir du châssis 10 000. Si l’on cherche une P1800 avec le dessin original, c’est-à-dire l’original pare-chocs avant de style « corne de vache », c’est le modèle à privilégier car il est mieux construit et plus performant que les versions Jensen.

1800 S (E), année modèle 1965 (4000 exemplaires)

Volvo 1800 S 1965
Volvo 1800 S 1965
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Le changement le plus visible en 1965 est le remplacement du pare-chocs avant en deux parties (cornes de vache) par un élément droit unique. La calandre est également redessinée avec un motif plus fin. À l’intérieur, le commutateur de l’overdrive se trouve désormais sur la colonne de direction au lieu du tableau de bord et les sièges reçoivent un support lombaire. C’est sans doute une des années les moins prisées des collectionneurs car la voiture a perdu un peu de son caractère sans amélioration technique notable en contrepartie.

1800 S (F), année modèle 1966 (4500 exemplaires)

Volvo 1800 S 1966
La voiture d'Irv Gordon qui détient le record du monde de kilométrage parcouru est une Volvo 1800 S de 1966
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Les modifications mécaniques sont plus substantielles. Ainsi un nouveau collecteur d’échappement à double sortie permet l’augmentation de la puissance du B18 à 103 ch. DIN ce qui permet à la voiture d’afficher une vitesse de pointe de 180 km/h. Le comportement routier bénéficie aussi d’importantes améliorations avec des modifications des suspensions avant et arrière. L’essieu est également renforcé de même que le système de freinage.

Volvo P1800 Fiabilité

1800 S (M), année modèle 1967 (4500 exemplaires)

Volvo 1800 S 1967
Volvo 1800 S 1967
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Autre disparition marquante cette année-là : la baguette latérale en forme de crosse de hockey est remplacée par une moulure plus fine et rectiligne qui se prolonge jusque sur l’aile arrière. Autre signe distinctif : la grille de calandre est composée de 5 à barrettes doubles horizontales et verticales. Les poignées de portes sont aussi mieux intégrées et relient la baguette chromée qui court sur l’arête de l’aile arrière.

1800 S (P), année modèle 1968 (2800 exemplaires)

Volvo 1800 S 1968
Volvo 1800 S 1968
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La sécurité fait subir son premier outrage esthétique à la P1800. Une colonne de direction à absorption d’énergie est installée mais elle est complétée par un volant « de sécurité » à 3 branches qui rompt l’harmonie de la planche de bord. On se console avec de nouvelles poignées de portes intérieures plus pratiques, de nouvelles commandes de ventilation et chauffage, de nouveaux essuie-glaces, de nouveaux pare-soleil et un levier de starter au tableau de bord.

Essai Volvo 1800 S (S) 1969 : dans le saint du Saint

P1800 S (S), année modèle 1969 (1693 exemplaires)

Volvo 1800 S 1969
Volvo 1800 S 1969
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C’est la première grosse évolution mécanique depuis l’apparition de la voiture. Le moteur B18 B est remplacé par le B20 B dont la cylindrée est portée à 1986 cm³. Il est toujours alimenté par 2 carburateurs SU (ou Stromberg) et sa puissance grimpe à 105 ch. DIN. Parallèlement, le volant moteur et l’embrayage sont renforcés. L’overdrive Laycock-de-Normanville type D est remplacé par un type J. Un alternateur fait son apparition à la place de la dynamo. Enfin le système de freinage reçoit un double circuit. Extérieurement rien ne distingue cette version avec un moteur de plus forte cylindrée, si ce n’est le monogramme B20 apposé sur la calandre. C’est sans doute la meilleure des P1800, les versions suivantes à injection se montrant mécaniquement plus fragiles. C’est aussi la plus rare. Sans conteste le modèle à privilégier si l’on veut un coupé.

1800 E (T), année modèle 1970 (2799 exemplaires)

Volvo 1800 E 1970
Volvo 1800 E 1970
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Au tournant de la décennie, la P1800 connaît le plus important (et le seul) gros changement de sa longue carrière. Le moteur 2 l, déjà monté sur les modèles de l’année précédente, reçoit une injection électronique Bosch (D-Jetronic) en remplacement des 2 carburateurs. Ce nouveau système d’alimentation, associé à un nouvel arbre à cames, des soupapes plus larges et un taux de compression relevé à 10.5 :1 porte la puissance à 120 ch. DIN. Cette évolution s’accompagne de l’introduction d’une nouvelle boîte de vitesses M410 fabriquée par l’allemand ZF. La vitesse de pointe grimpe ainsi à 190 km/h. Pour faire face à l’amélioration des performances, le système de freinage adopte 4 disques, toujours avec un double circuit.

Volvo 1800 E 1970
L'intégralité du tableau de bord change sur le modèle 1970
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Esthétiquement, la version injection se reconnaît par les ouïes de ventilation sur les ailes arrière, sa calandre noire et des jantes « façon magnésium » à boulons apparents. À l’intérieur, les modifications sont, hélas, plus profondes. Le superbe tableau de bord des versions à carburateurs, avec ses cadrans ronds à fond bleu cerclés de chrome est remplacé par une planche de bord beaucoup plus banale. L’instrumentation noire n’a plus rien d’originale et l’habillage en bois fait cheap par rapport au fond en aluminium des modèles précédents. Celle qu’on peut considérer comme une « phase 2 » a perdu une partie du charme initial de la P1800 sans pour autant voir ses performances faire un bon significatif. À cela s’ajoute une « fragilité mécanique » inconnue jusqu’alors. Cela explique pourquoi les versions à injection sont moins prisées que celles à carburateurs.

1800 E (U), année modèle 1971 (4750 exemplaires)

Volvo 1800 E 1971
Volvo 1800 E 1971
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La boîte ZF n’aura été utilisée qu’une année. Volvo revient à sa boîte M41 après renforcement du second rapport. Une boîte automatique Borg-Warner 35 à 3 rapports est proposée en option. Elle est principalement vendue sur le marché USle moteur B20F remplace le B20E. Pour répondre aux normes d’émissions américaines, il possède un taux de compression plus bas (8.7 :1) et sa puissance de sortie n’est plus que de 105 ch. DIN. Evidemment, le mariage B20F et boîte automatique doit être un second choix.

1800 E (W), année modèle 1972 (1872 coupés, 3070 breaks de chasse)

Volvo 1800 ES 1972
Le break de chasse 1800 ES apparaît en 1972
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C’est l’année d’introduction du break de chasse « P1800 ES » qui, outre sa poupe différente possède les mêmes caractéristiques que le coupé. C’est aussi l’année de l’arrêt de la production du coupé. Elle s’achève le 22 juin 1972.

L’un et l’autre profitent de nouveaux sièges plus confortables (avec appui-tête intégré), d’une nouvelle banquette, et d’évolutions mineures, en majorité empruntées à la série 140. Les versions équipées du B20E voient leur puissance grimper à 124 ch. DIN. mais le B20F reste à 105 ch. DIN. La grille de calandre, désormais concave, est en plastique. Ce sont les versions à privilégier pour ceux qui recherchent avant tout du confort.

1800 E (Y), année modèle 1973, (5007 exemplaires)

Volvo 1800 ES 1973
Volvo 1800 ES 1973
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Seul le break de chasse est encore en production et la réglementation US commence à avoir une influence non négligeable sur l’esthétique de la voiture. Les pare-chocs sont plus proéminents afin d’absorber l’impact des chocs à petite vitesse. La sécurité impose aussi des portes renforcées À l’intérieur, des interrupteurs à bascule commandent les essuie-glaces, les lave-glaces, le dégivreur de lunette arrière et le ventilateur intérieur. Finalement, production s’arrête le 27 juin 1973. Il est paradoxal que la fabrication se soit arrêtée l’année où les ventes de la Volvo P1800 ont été les plus importantes de son histoire. Cela démontre l’attrait du break de chasse qui aurait sans doute dépassé en production les chiffres du coupé. C’est en tout cas un achat pertinent en collection, car il est plus rare, même si sa conduite procure moins de plaisir que celle de certaines versions du coupé.

Cote Volvo P1800
En résumé
  • Si les premiers modèles Jensen ont la cote auprès des collectionneurs, c’est partiellement injustifié. Pour ceux qui recherchent le dessin « original » avec les pare-chocs « cornes de vache », il vaut mieux privilégier les modèles 1964, mieux construits, plus puissants et dotés en série de l’overdrive.
    Le meilleur rapport fiabilité/performances est sans conteste le modèle 1969 qui reçoit le moteur B20 B dans une version à deux carburateurs.
    Ceux qui cherchent du confort opteront pour un coupé 1972 de provenance européenne, les modèles US étant moins puissants.
    Enfin, le break de chasse s’apprécie lui aussi pour son confort mais au prix d’un plaisir de conduite en retrait. Là aussi, un exemplaire de 1972, de source européenne, est préférable. Sa rareté relative et son style unique en font un solide collector
Le choix de l’argus Classic
  • P1800 S (S), année modèle 1969
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