1952, L’argus présentait un dispositif de transmission semi-automatique 100% français

Publié le mar 19/11/2019 - 09:51 . Mis à jour le mar 19/11/2019 - 10:00. par Alexandre Neto

En juin 1952, le directeur de L’argus Jacques Loste donne de sa personne en expérimentant sur sa propre voiture une transmission semi-automatique innovante appelé “Electro-Fluid”, de fabrication française. Explications.

“Contentez-vous d’accélérer, vous repartirez toujours en silence”, ces propos tirés du numéro 1220 de L’argus appartiennent à Charles Terres Weynmann, pionnier de l’aviation reconverti dans les affaires pour l’industrie aéronautique et automobile. En effet, Weynmann installa un nouveau dispositif de transmission automatique sur la voiture du directeur de L’argus, Jacques Loste. Quatre mois et 10 000 kilomètres plus tard, aucun incident constaté. Le dispositif, appelé “Electro-Fluid”, méritait donc d’être présenté dans le journal et devenait ainsi le premier système de transmission semi-automatique développé et conçu par des français.

Une première étape vers l’automatisation

Le procédé inventé par Pol Ravigneaux, un ingénieur français, et promu par Charles Terres Weynmann, consistait en l’association d’une boîte de type “épicycloïdal” et d’un embrayage hydraulique. La boîte épicycloïdale comportait huit roues dentées (deux couronnes, quatre satellites et deux petits planétaires) pour assurer quatre rapports de vitesses avant et une marche arrière. Toutefois le passage de rapport reste manuel, et s’effectue par impulsion électrique à l’aide d’une commande placée au niveau du volant. Les changements de vitesse s’en retrouvent beaucoup plus silencieux et souples que sur une boîte manuelle traditionnelle et la pédale d’embrayage disparaît.

Une innovation restée à l’état de prototype

Si l’Argus mentionne qu’une voiture équipée de l’Electro-fluid a parcouru plus de 35.000Km sans encombre, cette invention ne connaitra pas le succès escompté et tombera dans l’oubli. Il faudra attendre 1956 pour que Renault propose un dispositif similaire, baptisé FERLEC, sur ses 4CV puis Dauphine et Frégate, sous la forme d’un embrayage actionné par un électro-aimant commandé depuis un bouton placé sur le levier de vitesses. 

Article d'archive de L'argus daté de 1952 et portant sur l'invention de l'Electrofluid.
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