En 1937, les associations d’automobilistes dénonçaient la semaine de 40h

Publié le mer 24/07/2019 - 08:17 . Mis à jour le lun 16/09/2019 - 15:13. par Alexandre Neto

Jehan de Rohan-Chabot, alors président de la Fédération Nationale des Clubs Automobiles de France, interpellait le ministre du travail au sujet du passage à la semaine de 40 heures. Une revendication retranscrite dans le numéro du 8 avril 1937 de L’argus.

Le 12 juin 1936, les députés adoptent, par 408 voix contre 160, la réduction du temps de travail hebdomadaire de 48 à 40 heures, sans diminution de salaire. Dans ce contexte, le numéro du 8 avril 1937 de L’argus donnait la parole au Vicomte de Rohan, alors président de la Fédération Nationale des Clubs Automobiles de France. L’homme mettait en garde le gouvernement quant à la difficulté pour les automobilistes d’alimenter leur véhicule, avec la réduction du temps de travail des pompistes d’alors. Rappelons qu’en 1937, seul 1 Français sur 24 possédait une automobile : les voix qui s’élevaient donc pour la défense des intérêts des automobilistes provenaient généralement des élites.

La réduction du temps de travail des pompistes va à l'encontre des intérêts du trésor qui encaisse comme taxes 70 % du prix du carburant

Les automobilistes de 1937, un public exigeant et intransigeant

Ainsi, Jehan de Rohan-Chabot explique : “L’automobile est tellement entrée dans les mœurs et intéresse un si grand nombre d’usagers, [...], sans compter les véhicules appartenant aux touristes étrangers, pour que des interruptions de la vente au détail de l’essence n’apporte pas un trouble profond à la circulation et ne cause dans les milieux automobiles une réelle mauvaise humeur.” Par ces propos, le Vicomte dépeint une utilité récréative de l’automobile. En outre, il ajoute avec un brin de mépris : “pour la plupart des vendeurs d’essence, la durée du travail effectif ne s’élève pas à plus de quelques heures par jour. Ce sont d’ailleurs plutôt des heures de présence pendant lesquelles le bon plaisir de la clientèle est attendu”.

Pire encore, selon Jehan de Rohan-Chabot, cette mesure va à l’encontre de tous les intérêts du pays, “Et même du Trésor, qui encaisse comme taxes, 70 % du prix du carburant.” Une manière bien peu subtile de fustiger la fiscalité du carburant alors en vigueur, qui s’ajoutait à la taxe prélevée auprès de tous les possesseurs d’automobiles.

Une première réponse pragmatique

Toutefois, le Vicomte de Rohan n’en étais pas à son coup d’essai en la matière, puisqu’avant cette lettre ouverte publiée par L’argus, il avait déjà saisi la Chambre Nationale du Commerce et de l’Automobile, association chargée de défendre les intérêts des conducteurs. La réponse de la CNCA, retranscrite par le journaliste de L’argus, évoquait alors un nombre suffisant de station-services sur le territoire, et leur ouverture tous les jours de la semaine y compris le dimanche. Pas suffisant pour lever les inquiétudes de M. Le Vicomte.

Article d'archive portant sur la dénonciation de la semaine de 40h par les associations d'automobilistes
Article d'archive évoquant le rejet des 40h de travail hebdomadaire par les associations d'automobilistes.
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