En 1949, les premiers hôpitaux ambulants pour l’Algérie

Publié le mer 11/09/2019 - 07:48 . Mis à jour le lun 16/09/2019 - 15:13. par Alexandre Neto

Dans le numéro du 14 avril 1949 de L’argus, un article présente un prototype de “clinique automobile”. L’innovation visait à pouvoir dispenser des soins dans des territoires algériens ne disposant pas d’hôpitaux. Une révolution à l’époque.

Constatant un déficit dans l’accès aux soins sur certains territoires algériens, le gouvernement général d’Algérie, sur l’initiative de la Direction de la Santé Publique, décidait de “Porter la médecine française au coeur même des villages algériens les plus isolés”. Une action relayée par le numéro 1053 du 14 avril 1949 de L’argus. Cela consistait à développer des “cliniques automobiles” pouvant dispenser des soins dans des régions reculées. En plus de l’objectif humanitaire, cette initiative visait à faire réaliser des économies aux budgets communaux. En effet, le transport et l’hospitalisation des malades représentaient un certain coût facilement atténuable via la multiplication des lieux de soins. Ainsi, les établissements CLIMO se lancèrent dans la réalisation de ces hôpitaux ambulants.

Effectivement, en 1949 l’Algérie est encore une possession française divisée en trois départements. Cet immense territoire, s’étalant sur 2 381 741 km² et peuplé alors d’environ 8,5 millions d’habitants, paraît bien disparate au niveau de la densité de population. La région se compose de grande villes comme Alger ou Constantine, mais aussi de petits villages parfois très isolés dans les montagnes ou le désert.

Un équipage et de l’équipement en conséquence

Montées sur un châssis Ford, les cliniques ambulantes transportaient trois personnes dont le chauffeur, le médecin et un adjoint technique ou assistant-e médico-social-e. Le conducteur, formé aux rudiments de la médecine, pratiquait lui même la “désinsecticidation” du patient avant de le faire entrer dans le véhicule. L’ambulance, dans un but d’autonomie maximale, possédait son propre groupe électrogène, son appareil radio et son matériel médical en quantité. De plus, une tente équipait également l’automobile et permettait de faire office de salle d’attente ou bien de servir “pour les soins préventifs dans la lutte contre les épidémies, la syphilis, la tuberculose.” Enfin, lorsque l’hospitalisation s’avérait nécessaire, la voiture pouvait transporter deux malades couchés ou bien cinq assis. Avec cet équipement la “clinique automobile” pouvait donc couvrir une surface d’une centaine de kilomètres carrés.

Vers un service public de l’ambulance

Rappelons que le concept de véhicule pouvant dispenser les premiers soins et / ou transporter des malades n’était pas répandu non plus sur le territoire métropolitain. Seules les grandes villes disposaient de ce genre de véhicules, généralement gérés par des entreprises privées. Ce prototype développé par les établissements CLIMO à Lyon, à l’initiative de la Direction de la Santé Publique, fait donc figure de marche franchie vers un “service public de l’ambulance”. Cependant, il faudra attendre le 10 juillet 1970 pour qu’une loi structure cette profession avec, en 1973 la mise en place de l’Agrément des entreprises de transports sanitaires et du Certificat de Capacité d’Ambulancier.

Article archive de L'argus portant sur la création de 70 ambulances pour l'Algérie
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