En 1950, les départements apparaissent sur l’immatriculation

Publié le ven 11/10/2019 - 08:33 . Mis à jour le dim 13/10/2019 - 19:49. par Alexandre Neto

Dans le numéro du 6 juillet 1950 de L’argus, un article informe les lecteurs d’un changement dans le système d’immatriculation. Ce dernier comportera désormais le département d’achat du véhicule. Retour sur un système qui perdurera jusqu’en 2009.

A la suite de trop nombreux accidents dans le parc de la Tête d’or à Lyon, la municipalité installait, en 1891, le premier système d’immatriculation des véhicules au monde. Il consistait en un simple numéro que le conducteur devait apposer sur son véhicule. Par la suite en 1901, après qu’un accident mortel suivi d’un délit de fuite prouve la nécessité d’identifier les véhicules, la France lance son premier système national d’identification des véhicules. L’administration des mines, déjà chargée de la sécurité industrielle, fut naturellement responsable de l’homologation des véhicules à moteur. Ainsi naissent les plaques “minéralogiques”. L’administration des mines possédant son propre découpage national, elle reprit sa quinzaine d’arrondissements minéralogiques afin de les apposer sur les plaques, en fonction de la provenance du véhicule. En 1928, les préfectures remplaçaient le système des mines, dépassé par la croissance exponentielle des véhicules. La nouvelle combinaison attribuait ainsi aux départements plusieurs blocs de lettres pour les définir. Par exemple, le département de l’Oise possédait les blocs LS et LU à LZ.

La Seconde guerre mondiale responsable de l’avènement du système de 1950

Article de L'argus où il est précisé que L'argus avait édité un manuel d'informations au sujet du nouveau système d'identification des véhicules

La complexité du système ne l’empêchait pas d’être bien conçu et de tenir son rôle. Toutefois, cinq années de conflit, de réquisitions de véhicules, de destructions et d’ajouts des voitures militaires en surplus rendaient le recensement automobile aléatoire. La départementalisation des Antilles, de La Réunion et des colonies amenèrent également le système à muter. Seulement 22 ans après sa création, le système préfectoral laissait donc sa place à une norme comportant le numéro du département. Dans son numéro 1116 du 6 juillet 1950, L’argus se fait l’écho de cette réforme : “Depuis le 1er avril 1950, les voitures et véhicules français mis en circulation ou changeant de propriétaire reçoivent un numéro d’immatriculation d’une composition différente de celle en vigueur depuis octobre 1928”

Afin d’aider les conducteurs à déterminer l’origine d’un véhicule en fonction de sa plaque, L’argus publie sur la même page un rappel de la numérotation des départements, en vigueur depuis 1792 mais alors peu utilisée et peu connue des Français. L’occasion pour les automobilistes et leurs passagers de s’initier au jeu des plaques, qui reste aujourd’hui encore un grand classique pour s’occuper dans les embouteillages !

Un système en vigueur jusqu’en 2009

Ce système perdurera jusqu’en avril 2009, où le plus haut numéro attribué, 523 RQD 75, sera suivi par un AA-001-AA conforme au nouveau dispositif national SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules). Les français, tenant en affection leur attache territoriale, ne désiraient toutefois pas la voir disparaître des plaques : malgré l’aménagement concédé et apportant le numéro du département à l’extrême droite de la plaque, le système de 1950 représente toujours une référence aux progrès de l’après-guerre et aux trentes glorieuses dans l’imaginaire collectif. 
 

à lire aussi