Renault 5 électrique : plombée par… l'autonomie !

Publié le mer 28/08/2019 - 07:11 . Mis à jour le lun 23/09/2019 - 17:56. par Jean-Luc Moreau

La R5 est née en 1972. Mais saviez-vous que, dès 1974, il a existé une version électrique ?

R5 électrique
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L’histoire est un éternel recommencement. Renault commercialise la Zoé, une citadine « novatrice » à propulsion électrique. Mais il y a plus de 40 ans, la Régie comme on l'appelait en ce temps-là, présentait une citadine « révolutionnaire », la R5, qui, elle aussi, allait recevoir un moteur électrique.

Si tout le monde se souvient du modèle classique, produit à 5 580 000 exemplaires entre 1972 et 1985 peu de gens ont eu l'occasion de croiser la R5 « ZE » puisque seulement 50 modèles furent fabriqués à destination exclusive des services d’EDF. C'est d'ailleurs EDF et plus précisément le service des applications de l'électricité de la direction des études et recherches (ouf !) qui a développé l'engin.

R5 électrique et Twizzy
LA Twizy, au premier plan, peut être considéré comme le descendant de la R5 électrique
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Deux places seulement

Rien ne distingue cette version électrique du modèle thermique. Du moins extérieurement. La plate-forme et la carrosserie sont celles de la R5 mais le moteur à essence 4 cylindres 956 cm3, la boîte et le radiateur font place, sous le capot, à un moteur électrique à courant continu d'une puissance de 6 kW, directement relié aux roues. La variation de vitesse est obtenue par un variateur électromécanique à contacteurs (remplacé par un variateur électronique à thyristors sur les derniers modèles).

Le changement le plus surprenant se trouve cependant dans l'habitacle. Il n'y a plus quatre places mais seulement deux ! Comme sur la Mini E… L'explication c'est que les batteries occupent une bonne partie de l'espace arrière. Il s'agit d'accumulateurs plomb/acide Tudor de 48 V de type « allégé ». Il en a 34 au total pour un poids avoisinant les 400 kg !

R5 électrique batteries
L’intégration du volumineux pack de batteries plomb-acide à supprimé les deux places arrière.
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Renault annonce 175 km d’autonomie. La réalité est plus proche de 40 km !
R5 électrique batteries
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40 km d’autonomie réelle !

« La qualité de l'air et les nuisances sonores sont un problème en ville. C'est pour cette raison qu'il faut promouvoir le véhicule électrique ». On pourrait croire ces propos sortis de la bouche d’un de nos ministres. Pourtant, ils sont de Robert Poujade et datent de l'été 1974 ! Devant les caméras de la première chaîne de télévision, le ministre de l'environnement de l'époque prend en main cette R5 « écologique ». « Elle n'émet aucun bruit » constate Michel Chevalet qui réalise le reportage. On pourrait même ajouter qu'elle est facile à conduire puisqu'il n'y a que deux pédales, un accélérateur et un frein, comme sur une auto tamponneuse.

R5 électrique roulant
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La 5 électrique a tout de même la pêche grâce au couple important de son moteur au démarrage mais elle s'essouffle vite. La fiche technique parle de 80 km/h en vitesse de pointe mais il faut plutôt tabler sur 60 km/h. Déjà très optimiste, Renault annonce jusqu'à 175 km d'autonomie (sans arrêt !). En fait, la réalité est plus proche de 40 km ! Michel Chevalet s'en émeut et conclut le sujet en se demandant : « quand aurons-nous des batteries capables d'assurer 60 km d'autonomie ? ».

Combien ça coûte ?

Avec l'autonomie, le prix était (aussi) le gros handicap du véhicule électrique dans les années 70. La caisse de la R5 avec les trains roulants et l'équipement intérieur coûtait 7 000 F. S'y ajoutait le prix du moteur (2000 F), celui des commandes électroniques (6 000 F) et celui des batteries (3000 F). Soit, au total, 18 000 F (l’équivalent de 14 194 euros de 2018) alors qu'une R5 TL coûtait 11 957 F. 50 % de plus !

R5 électrique
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