La grande histoire des « minis » Austin-Healey Sprite et MG Midget

Publié le mar 19/11/2019 - 07:27 . Mis à jour le ven 22/11/2019 - 15:10. par Jean-Luc Moreau

Sans doute pour mieux profiter du climat anglais, les britanniques ont inventé puis développé le roadster sportif. Ils sont même allés jusqu’à le populariser avec de petites voitures simples et pas chères comme l’Austin-Healey Sprite et la MG Midget. Deux cousines si proches qu’on les regroupe souvent sous le même vocable de Spridget.

Austin Healey Sprite MKI et MG Midget 1500
Sur cette image, on a du mal à croire qu’il s’agit de la même voiture. À gauche, le modèle initial. À droite, la dernière version de la MG Midget
Crédit photo :
Jean-Luc Moreau

Si les anglais ne font rien comme tout le monde, il faut parfois reconnaître que cela débouche sur de bonnes idées. C’est le cas des petits roadsters sportifs, apparus avant-guerre. Leur recette est simple : un maximum d’éléments de grande série pour abaisser les coûts de production, deux places, une ligne racée et du tempérament à défaut de performances. Les Austin 7 Ulster et Nippy, comme la lignée des MG série T en sont de belles illustrations. C’est cette formule à succès que BMC (British Motor Corporation) décide de remettre au goût du jour au début des années 50.

MG TC 1947
Les petits roadsters sportifs, comme cette MG TC étaient très populaires en Angleterre avant la 2e guerre mondiale
Crédit photo :
©2019 Courtesy of RM Auctions
Voir les photos

Le première Sprite innove

C’est Geoffrey Healey, un des fils de Donald Healey (le célèbre pilote et ingénieur britannique à l’origine, entre autres, de l’Austin-Healey 100) qui s’attelle au projet. L’auto reprend bien évidemment des éléments existants, issus de la berline Austin A 35 ; en particulier le moteur, la transmission et les trains roulants. Le petit 4 cylindres 948 cm³, qui ne délivre que 34 ch., subit une cure de vitamines avec l’adoption d’un arbre à cames aux levées plus importantes, de 2 carburateurs SU H1, d’un échappement libéré et d’un taux de compression plus élevé (8,9 : 1 ou 9 : 1 selon les marchés). Résultat : la puissance grimpe à 42,5 ch., ce qui semble suffisant à l’époque. En revanche, la boîte de vitesse de l’A 35 est reprise telle quelle avec sa première non synchronisée et son étagement peu sportif. La suspension arrière réclame plus de travail. Elle adopte des ressorts quart elliptiques. Enfin la direction à crémaillère est empruntée à une Morris Minor.

Austin A 35
L’Austin A 35 a servi de « voiture donneuse » à la Sprite qui reprend beaucoup de ses éléments mécaniques
Crédit photo :
British Motor Corporation
Le premier prototype a des phares escamotables
Austin-Healey Sprite MKI
L’Austin-Healey Sprite de première génération est minimaliste
Crédit photo :
British Motor Corporation
Voir les photos

Le shopping dans la banque d’organes BMC étant terminé, Donald Healey doit s’attaquer à deux gros chantiers : le châssis et le design. Pour le premier, Barry Bilbie imagine une structure monocoque plus légère et moins chère à produire. C’est une première pour l’industrie automobile britannique. La rigidité (remarquable) est obtenue grâce à de généreux bas de caisse, au tunnel central mais aussi par l’absence d’ouvrant pour le coffre. Pour faire simple et réduire le coût, dans de nombreux endroits, le châssis utilise des panneaux plats.

Austin-Healey Sprite MKI
Crédit photo :
British Motor Corporation

A l’inverse, pour la ligne, Gerry Coker (qui a dessiné l’Austin-Healey 100), imagine une carrosserie toute en rondeurs. Pour ne pas casser cette douce harmonie, les phares du premier prototype sont escamotables. Mais pour Les Ireland, qui prend sa succession, cette solution s’avère trop onéreuse à fabriquer en grande série et, sur le second prototype, ils sont fixes, donnant à l’auto son aspect « tête de grenouille » si apprécié aujourd’hui.

Austin-Healey Sprite MKI
La position des phares sur le capot est le trait le plus marquant de la Sprite MKI. C’est ce qui lui a valu son surnom de Frogeye (yeux de grenouilles)
Crédit photo :
Jean-Luc Moreau
Austin-Healey Sprite MKI
Crédit photo :
Jean-Luc Moreau

Toujours dans un souci d’économie : il n’y a pas de poignées de portes extérieures ni de glaces latérales. Le pare-brise est parfaitement plat et deux bananes font office de pare choc arrière. La capote est réduite à sa plus simple expression et son armature se range derrière les 2 sièges baquets. On comprend moins pourquoi tout l’avant de la carrosserie bascule d’un seul tenant mais cela permet au moins une accessibilité mécanique correcte. L’instrumentation est moins minimaliste et comprend un tachymètre et un compte-tours ainsi qu’une jauge d’essence et un combiné température d’eau/pression d’huile.

 Austin-Healey Sprite MKI
Deux bananes chromées font office de pare choc à l’arrière
Crédit photo :
Artcurial Motorcars
Austin-Healey Sprite MKI
Sur la « Frog » toute la partie avant s’ouvre d’un seul tenant
Crédit photo :
Artcurial Motorcars
La Sprite coûte seulement 455 £ HT !
Austin-Healey Sprite MKI
Deux places seulement et une instrumentation à connotation sportive
Crédit photo :
Artcurial Motorcars

Vendu sous la marque Austin-Healey, ce petit roadster est baptisé Sprite (lutin) mais il est vite surnommé Frogeye (les yeux de grenouilles) ou Bugeye (yeux globuleux) d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. Fabriquée dans l’usine MG d’Abington, près d’Oxford, la Sprite est lancée le 20 mai 1958 au prix très bas de 455 livres sterling hors-taxes.

Austin-Healey Sprite MKI pub
Crédit photo :
British Motor Corporation
Voir les photos
à lire aussi